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Société Historique du Pays de Pévèle

3, rue Neuve - F59242 Templeuve

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Village du pays de Pévèle : Bersée


Bersée est une commune de 2235 habitants (en 2009), ayant une superficie de 10,93 km2. L’altitude varie entre 27 et 60 mètres. Elle fait partie de la Communauté de communes Pévèle Carembault.

Avant 1789, Bersée illustre assez bien la complexité du système féodal. Située sur le territoire de la Châtellenie de Lille, la majorité du sol relève cependant du baillage de Lens, formant un fief vicomtier tenu de Forest (Le Forest). La seigneurie principale forme donc une enclave d’Artois. D’autres fiefs et seigneuries, comme les Mottes, relèvent également d’Artois en étant tenus des terres d’Epinoy. Le fief de Beuvry, situé à Bersée, relève quant à lui du Tournaisis. L’Argerie, elle, relève d’Orchies, donc de la Châtellenie de Lille-Douai-Orchies.
La seigneurie de Bersée proprement dite a été possédée par une famille du nom du lieu aux XIIIe et XIVe siècles. En 1229 le comte de Flandre, Ferrand de Portugal et son épouse, la comtesse Jeanne, donnent la dîme de Bersée à l’abbaye de Marquette que la comtesse a fondée aux portes de Lille. Ils l’avaient eux-même achetée à Gilles du Quesnoy. Au XIVe siècle la terre passe en plusieurs mains jusqu’au mariage d’Anne de Vendegies avec Ogier de Montmorency, seigneur des Wastines (terre située à la fois sur Bersée et Cappelle). Leur fils Jean, né en 1488 et mort en 1538 (ou 1521) a épousé Anne de Blois. Ce seigneur est écuyer et 1er échanson du roi Philippe II d’Espagne. Leur fils François, commandant de Lille, Douai, Orchies, est mort en 1594. Dans la descendance, on trouve Jean de Montmorency, comte d’Estaire, baron de Wastines, prince de Robecque, marquis de Morbecque, chevalier de la Toison d’or, qui a épousé Madeleine de Lens. Il meurt en 1631. Un de ses descendants, Charles-Philippe, vend Bersée et Wastines à Allard de Lannoy qui les revend au sieur Fiévet, négociant à Douai. En 1769, le tout appartient à Philippe de Surmont.
Bersée qui était jadis à demi couvert de bois est défriché à partir de la fin du XVIIe siècle et surtout dans les premières années du XIXe. Les exploitations agricoles s’étendent, une brasserie s’installe. Le château des Wattines, disparu, devient un centre important de semences fondé par Florimond Desprez (cf. Cappelle). De ce passé, il reste une partie du château seigneurial, des vestiges de celui d’Argerie, et surtout de superbes fermes qui sont autant d’exemples divers de l’architecturel rurale. Des maisons de qualité, des fermes importantes, des espaces boisés et des champs, forment un cadre de vie intéressant. Il faut y ajouter le très curieux calvaire des Quatre Bons Dieux, l’église saint Etienne.

L’église est le fruit d’une suite de transformations successives qui font passer d’un édifice probablement roman à une hallekerque au XVIe et au XVIIe siècle. Ces trois nefs égales se verront précédées d’une très belle tour datée de 1617-1620 et ornée des armoiries des Montmorency.
Le XIXe siècle va apporter des modifications peut-être regrettables : en 1813-1825, les trois toitures de la hallekerque sont remplacées par une seule à deux pentes et les trois chœurs sont démolis. En 1881, le chœur principal est bâti dans un style néogothique étranger à l’architecture régionale. Ces travaux amènent à la destruction des tombeaux des seigneurs et à recomposer toute la nef centrale.
Des travaux de restauration sont exécutés en 1968-1970 sur la tour, inscrite comme Monument Historique le 29 octobre 1968. Une rénovation de l’édifice a lieu en 2011-2012.
Le château a probablement été déplacé (ici comme en bien d’autres lieux) lorsque la seigneurie est passée à la puissante famille de Montmorency. Primitivement, il devait se situer sur la motte proche de l’église, un point haut occupé par l’école. Placé ensuite dans un espace dégagé permettant la création d’un parc et de bois, il est bien connu grâce à une gouache des Albums de Croÿ (1603) et par deux splendides plans de Bersée levés en 1705 par le géomètre Darles. C’était une construction imposante et magnifique, le plus important de tous les châteaux de Pévèle. Il n’en reste qu’une aile datée de 1615, très modifiée au XIXe siècle. Les communs datent aussi de cette dernière période. Quelques vestiges dans le parc sont du XVIIIe siècle.
Le château d’Argerie (ou Hargerie) a été la possession de seigneurs influents en leur temps. Il a été rebâti en 1717 dans le style français à la mode à Lille après la conquête par Louis XIV. Il a été malheureusement détruit et il n’en reste qu’une tourelle hexagonale en pierre et brique, privée de toiture et les bases du porche. La ferme qui subsiste est des XVIIIe et XIXe siècles. L’ensemble appartient aux Etablissements Florimond Desprez.
Le presbytère est une belle maison à un étage dans le style lillois du XVIIe siècle. Il a été édifié dans sa forme actuelle par le curé Jean Deregnaucourt en 1687. Une inscription dédicatoire est placée au pignon latéral droit, dans un cartouche baroque : Joanne Deregnaucourt, sacrae theologiaie licentiatio, hujus loci vigilitansstissimo pastore, honorum pastoralum auctuore strenno 1687.
La place du Maréchal Alexander était jadis la place seigneuriale. L’immeuble abritant aujourd’hui la mairie est une construction semblant dater de la fin du XVIIe siècle. Non loin, modeste mais belle, la maison sise au n° 4 a une porte à imposte divisée par des petits bois.
Le calvaire des Quatre Bons Dieux est une curieuse conception du crucifix traditionnel : sur un socle en forme de piédestal classique, mouluré, se dresse quatre croix posées dos à dos et censées être tournées vers les quatre points cardinaux. C’est de la volonté des frères Ricourt, émigrés revenus à Bersée au début de la Restauration. Le piédestal porte l’inscription suivante (refaite) : Dieu a pardonné/ Déportés, émigrés, priez/ Dieu de bonté protégez Bersée/ 1793/ Dieu hait l’orgueil/ et l’hypocrisie/ L’Ecriture le dit/ 1838/ Restauré en 1936 et 1991.
Les fermes, dont certaines sont très importantes : Ferme du Théloge et Ferme de la Maladrerie, Ferme des Mottes, le Vert Logis, la Ricarderie, très pittoresque et située dans un site remarquable, et bien d’autres encore, véritable catalogue de façons de concevoir ces bâtiments ruraux entre le XVIIe et le XXe siècle.
Des maisons dont plusieurs témoignent de l’art des années 1930.
Des petites chapelles se répartissent dans le village, soit indépendantes, soit accolées à un bâtiment de ferme. Elles datent presque toutes du XIXe siècle, certaines sont malheureusement en mauvais état.
Le calvaire, dit le Dieu de Bersée, avait un oratoire monumental. La statue est désormais dans l’église.


 

Site de la commune : www.bersee.fr


Patrimoine et Actualité de Bersée

 

Bibliographie Bersée
28 août 2012

Liste des ouvrages parus au sujet de Bersée.
 

BiblioBersee