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Société Historique du Pays de Pévèle

3, rue Neuve - F59242 Templeuve

Tel : +333.20.34.98.52

Village du pays de Pévèle : Howardries


Avec moins d’une centaine d’habitants, Howardries est la localité de Pévèle la moins peuplée. Ses trois hameaux : le centre du village autour du château, Le Planti, et le « Petit-Howardries », sont répartis sur 597 ha. L’altitude varie de 23 m au centre, à 43 m au hameau du Petit-Howardries. Le village appartient à l’entité de Brunehaut depuis la réforme territoriale de 1977.
Quasiment isolé entre l’Elnon – qui marque la frontière avec la France – et de grands bois qui occupent presque les deux tiers du territoire, le centre du village, avec son église et ce qui reste du château seigneurial, offre aux visiteurs le privilège de se projeter hors du temps.
L’occupation humaine remonte au moins à l’époque gallo-romaine. Ceci est attesté depuis la découverte, au début des années 1950, dans le bois dit « de Flines », d’un site de production de poteries romaines datant du IIIe siècle, vraisemblablement lié à l’existence d’une voie de communication relativement importante.
Le village tirerait son nom de celui d’un certain Houard (variante de Hugues), détenteur du fief à la fin du XIIe siècle, hypothèse d’autant plus probable que ses successeurs, seigneurs du lieu dans la première moitié du XIIIe siècle, se nomment Alars, puis Nicolas de la Houarderie.
D’autres origines – germanique : Hoch Ward (Haute Garde), et latine : Ovaria (Bergerie) – moins vraisemblables, ont été proposées.
Du Moyen-Age à nos jours, l’histoire d’Howardries est marquée par la famille du Chastel. Pendant la période bourguignonne (1369-1506), Arnould du Chastel, dixième seigneur de la Howardries augmente le patrimoine familial des seigneuries de Cavrines, Linselles et Blaton par son mariage avec Anne de Mortagne. Arnould et son fils Lyon furent distingués par le duc Philipe le Bon. Mais c’est à la Renaissance que les seigneurs de la Howardries atteignirent leur apogée. Jacques du Chastel, quinzième seigneur de la Howardries, possédait un hôtel à Tournai et évoluait dans l’entourage de Charles Quint. Nicolas du Chastel (1544-1610), seul survivant des dix enfants de Jacques, donna tout son lustre à Howardries. L’achat, au roi de France Henri IV, de la seigneurie d’Haubourdin, érigée en vicomté, conféra ce titre de noblesse à la famille. Du faste de cette époque, subsiste aujourd’hui dans l’église d’Howardries le tombeau du vicomte Nicolas et de ses deux épouses.
Les conquêtes de Louis XIV et la fixation d’une nouvelle frontière incitèrent les Du Chastel à se tourner vers les Pays-Bas et à déserter Howardries pour leurs châteaux de Wez et de Hollain. Howardries resta néanmoins une enclave de la châtellenie de Lille et ne fut transféré aux Pays-Bas autrichiens qu’au traité de Bruxelles (1779).
Après les intermèdes de la Révolution française et de l’Empire napoléonien, Howardries retrouva son statut de village frontière, d’abord « hollandais » puis belge. Isolé au milieu de ses bois, situé à l’écart des principaux axes de communication, le village ne vit alors son Histoire guère troublée que par des exploits de contrebandiers et de douaniers – jusqu’à ce que la construction européenne y mette fin.
L’église Marie-Madeleine
La partie la plus ancienne, l’avant-chœur, date des débuts de l’art roman mais l’édifice, a été largement reconstruit au XIXe siècle.Cette église est surtout remarquable par la suite de monuments funéraires qu’elle abrite. Du plus ancien, la dalle funéraire d’Isabeau de la Houarderie, épouse de Jehan de Lalaing (XIIIe siècle) aux plaques funéraires des comtes du XIXe siècle, en passant par les somptueux cénotaphes de style renaissance, ils ont été édifiés, pour la plupart, à la mémoire de la famille du Chastel.
Le château seigneurial
La carte des frontières de 1773 montre un château dont le corps principal est prolongé de deux ailes en retour. Souvent pillé au cours de l’Histoire – comme le fut à la fin du XIVe siècle le château-fort qui occupait primitivement le site – il est réduit à l’heure actuelle à une petite partie de l’édifice originel.
Au milieu du XIXe siècle, le comte Albéric, ayant reconstitué une partie de la fortune familiale mise à mal par l’émigration et la ruine de la famille du Chastel consécutive à la Révolution française, et après avoir consacré l’essentiel de ses efforts à la reconstruction de l’église, ne put sauver que l’aile gauche du château. C’est ce bâtiment que l’on peut voir maintenant, entouré de divers granges et autres dépendances agricoles.

 

Patrimoine et Actualité de Howardries

 

Vue aérienne d'Howardries
30 janvier 2011

Sur cette photo, prise d'ULM par notre adhérente Yvette Dessaint, on distingue le château entouré d'eau, la ferme et l'église. C'est un point de vue insolite et remarquable.
 

Eglise
6 avril 2016

Monument funéraire de Nicolas du Chastel et de ses deux épouses (1592).
Cliché Gabrielle Rousseau.

 

L’abbaye de Flines et Howardries
6 avril 2016

Lorsque survint la Révolution française, les « Dames de Flines », autrement dit les religieuses de l’abbaye de Flines-les-Râches, possédaient un important domaine à Howardries, dans la partie du village qui correspond plus ou moins maintenant au hameau dit « du Planti ». A côté de surfaces boisées de 194 bonniers (de l’ordre de plus de 250 ha) d’un seul tenant, appelées « le bois de Flines », l’abbaye était propriétaire d’une exploitation agricole, la « cense de la Loge » comprenant 40 ha de terres à labour, dont le censier était le bailli des Dames de Flines. Jusqu’à la Révolution, et ce depuis au moins le dernier quart du XVIIe siècle, cette charge était exercée par les Lecat, dont certains sont inhumés dans la nef de l’église.
La ferme de la Loge, rebâtie en 1717 par le bailli Théodore-Joseph Lecat, est facilement visible sous tous ses angles. Malgré des remaniements au XIXe siècle, cette cense d’abbaye montre encore de beaux exemples d’architecture du début du XVIIIe siècle.
Cliché Marc Bertout.
Le « bois de Flines », abrite un « château de Flines » datant du XIXe siècle, et qui remplace un château décrit et dessiné par Sanderus vers 1630


 

N.D. de Malaise
6 avril 2016

Sur le chemin pavé qui relie le centre du village au hameau de Petit Howardries, se trouve une petite chapelle dédiée à « Notre-Dame-de-Malaise », vénérée depuis le XIIIe siècle dans la chapelle de Notre-Dame-au-Bois, dans la forêt de St Amand (à Bruille-St-Amand).
Une statue de la Vierge, qui avait échappé à l’incendie de Condé, fut apportée dans la chapelle construite par Evrard, moine de St Amand. L’afflux de pèlerins et les nombreuses guérisons d’enfants, voire de « résurrections », furent à l’origine d’une procession le jour de l’Assomption, procession qui s’est perpétuée jusqu’à nos jours. Le nom de « Malaise » serait à mettre en relation avec les cellules étroites, basses et « peu confortables » auxquelles étaient condamnés certains détenus. Ceux-ci (ou l’un d’entre eux) seraient-ils à l’origine de cette statue en bois de chêne ?
Il reste à expliquer la présence d’une dédicace à cette Vierge au milieu des bois d’Howardries. La tradition locale veut qu’à la fin du XIVe siècle, le tout jeune Gérard du Chastel, fils unique de Jacquesmes et d’Isabeau de Cuighien, fut ressuscité par l’intercession de Notre-Dame-de Malaise.

 

Bibliographie
7 avril 2016

Liste des ouvrages à consulter sur Howardries
 

Bibliographie