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Société Historique du Pays de Pévèle

3, rue Neuve - F59242 Templeuve

Tel : +333.20.34.98.52

Village du pays de Pévèle : Thun St-Amand




Thun Saint-Amand se trouve à une altitude variant entre 14 et 38 m et couvre une superficie de 3,71 km2.
La population est d'environ 1090 habitants et la commune fait partie de la Communauté de Communes rurales de la Vallée de la Scarpe et du Parc naturel Régional Scarpe Escaut.

Le nom de la commune a été augmenté le 27 janvier 1962 de la mention Saint-Amand pour la distinguer de Thun l’Evêque et de Thun Saint-Martin, également situés dans le Nord.

Thun Saint Amand fait partie de la donation primitive faite par Dagobert à l’abbaye fondée par saint Amand vers 629, territoire comprenant aussi Lecelles, Nivelle, Rosult, Rumegies, Saméon, plus une partie des territoires de Bléharies, Maulde et Sars et Rosières. C’est un site de la plus grande importance dans les liaisons routières et fluviales de l’Antiquité et du Moyen Age. En effet, c’est un point de convergence de la Scarpe, elle-même rejointe par les canaux du Décours et de la Trétoire destinés à drainer les eaux marécageuses du secteur, avec deux grandes voies, la voie romaine de Bavay à Tournai qui est sur la rive droite et la Chaussée Brunehaut reliant les mêmes villes mais sur la rive gauche et passant par Saint-Amand. Un gué permettait de traverser la Scarpe. Il a été retrouvé lors de grands travaux de rectification et d’approfondissement du lit de cette rivière en 1834. C’est un passage, large de 4 à 5 mètres, pavé de pierres mesurant environ 35 cm de côté, soit l’équivalent d’un pied. Plus tard, ce passage très fréquenté sera défendu par une forteresse, le Locron, établi sur une hauteur d’une vingtaine de mètres d’altitude sur la rive droite, et par un château sur mottes situé sur la rive gauche, avec l’église sur l’une d’elles. Cette situation exceptionnelle est bien décrite sur la Carte des Frontières de 1773, sur laquelle le Locron est signalé comme vieux château. Sur la rivière, l’abbaye a fait placer des écluses et des biefs pour alimenter des moulins à eau, dont un tordoir à huile. Dès le XIe siècle, il y eut de nombreuses réclamations contre ces dispositions qui inondaient les parties en amont et ne permettaient plus la navigation en aval. Le comte de Flandre, Baudouin VII, vint deux fois à Saint-Amand pour le problème de ces écluses qui sera réglé entre l’abbaye et le châtelain de Tournai. En 1144, Gautier, châtelain de Tournai, devient moine et permet à l’abbaye qui le reçoit, Saint-Amand, de construire un moulin de plus à Thun. Les Albums de Croÿ ont représenté plusieurs fois le site de ce village et de ses alentours, avec la complexité des voies d’eau.

Bien qu'elle soit une toute petite commune, Thun a le privilège d’avoir un maire héréditaire, dont les juges peuvent traiter certaines affaires civiles et régler des délits peu importants. En 1248 la commune obtient l’exemption du droit de vinage, qui est un ensemble de taxes sur les transports de vins et de marchandises, tant sur la Scarpe que sur les deux chaussées. C’est en 1268 que la paroisse unique pour Thun et Nivelle sera scindée en deux entités distinctes. Les débuts de la Guerre de Cent ans furent néfastes à cette région et le village détruit. En 1365 de nouvelles émeutes, dirigées contre les écluses et les moulins, sont réglées par cette institution communale et par l’abbaye. Les guerres de Louis XI contre Charles le Téméraire ont apporté d’autres méfaits.

L’église établie sur la motte du château est toute petite et sera reprise plusieurs fois, suite aux désastres subis par la commune. Dédiée à saint Eloi, elle pourrait être de l’époque de la donation primitive. On la voit sur les Albums de Croÿ, puis elle sera reconstruite à la fin du XVIIIe siècle dans le style classique du temps. C’est alors une nef unique précédée d’un clocher semblable à celui de Nivelle, et suivie d’un chœur plus étroit, le tout en brique.
Elle sera reconstruite après la Grande Guerre, rebâtie en brique, alliant à la fois les traditions flamandes, les tendances de l’Art nouveau et de l’Art déco : jeux de briques en damiers, fenêtres en mitre, volumes agréablement contrastés. L’intérieur est très réussi. C‘est la meilleure réalisation de ce temps dans ce secteur. Les plans sont de l’architecte Fernand Baud, établi à Paris, datés de 1932. L’édifice est achevé en 1934. Il faut le rapprocher de l’église et de la mairie de Mortagne, du même architecte.

Entre 1698 et 1720, il est signalé que la commune n’a ny château ny fermes considérables. Cette remarque est assez surprenante car, en 1773, sur la Carte des Frontières, le château près de l’église est signalé, sans oublier le Locron ! (Archives du Ministère de la Défense – Vincennes – J 10 C 652) Encore actuellement, sur la rive droite, se trouve la ferme du Locron, ce qui situe la forteresse. Quant aux dispositions des mottes de Thun, la Grande Guerre en a presque effacé les traces.

La rectification de la Scarpe qui sera longue et difficile s’achèvera après la guerre de 1870. Beaucoup de mariniers vont s’installer à Thun, signalant leur maison par une ancre. Puis, sur les bords de la rivière canalisée, répartie sur Mortagne et Château l’Abbaye, va s’implanter en 1901 une très importante usine de fabrication de zinc à partir de la blende, qui est son minerai. Ce sera d’abord la Société métallurgique de Mortagne, puis la Compagnie métallurgique Franco-Belge, et enfin les usines seront reprises par la Compagnie Royale Asturienne des Mines. Cette usine sera modifiée plusieurs fois selon les installations des hauts fourneaux et les procédés employés pour griller le minerai. Les Allemands emportent les installations en 1914 et détruisent les bâtiments en 1918. Rétablie en 1919, l’usine est fermée en 1963, peu à peu démantelée, laissant des ruines impressionnantes.

Durant la même Grande Guerre, le village est totalement détruit le 8 novembre 1918.

Le champion du monde de cyclisme Jean Stablinski est né à Thun le 21 mai 1932. Il est mort le 22 juillet 2007 après une carrière parsemée de 106 victoires prestigieuses, entre 1952 et 1968, dont le championnat du monde en 1962. Une stèle a été élevée à sa mémoire dans la fameuse trouée de Wallers-Arenberg le 7 avril 2008, rappelant que c’est lui qui l’a introduite dans le Paris-Roubaix.


 

Site de la commune : www.mairie-thunsaintamand.info


Patrimoine et Actualité de Thun St-Amand

 

Bibliographie Thun Saint-Amand
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Liste des ouvrages parus sur Thun Saint-Amand
 

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Une bataille à Thun en 881 ?
14 février 2011

Les Normands ont-ils livré bataille à Thun en 881 ?
 

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