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Société Historique du Pays de Pévèle

3, rue Neuve - F59242 Templeuve

Tel : +333.20.34.98.52

Village du pays de Pévèle : Mouchin


Le village compte environ 1400 habitants répartis sur un territoire de 9, 19 km2. L’altitude se situe entre 23 et 54 m. Il fait partie de la Communauté de Communes Pévèle Carembault.
Le ruisseau de l’Elnon sert de limites au village vers La Glanerie, au moins depuis le Traité d’Utrecht qui délimite les royaumes de France et d’Autriche (1715). Vers Nomain et Aix, c’est le ruisseau du Pont du Nid qui sert de séparation.

Histoire
Le passé de Mouchin est indiscutablement d’origine gallo-romaine. Si aucune structure de cette époque n’a été trouvée c’est qu’il n’y a pas eu de recherches archéologiques en ce lieu. Mais de très nombreux vestiges de tuiles, carreaux d’arase et autres débris sont remontés lors des inhumations faites autour de l’église.
Une villa est donnée à l’abbaye de Saint-Amand en 847 par un diplôme de Charles le Chauve, avec 17 autres. Elle est nommée Muscinium. Beaucoup ont vu une voie romaine dans la route allant de Tournai à Orchies, se prolongeant vers Douai et Arras. Pierre Leman remarque qu’aucun vestige de cette voie antique n’a été retrouvé. Son tracé même ne paraît pas de cette époque. La forte présence gallo-romaine dans la commune belge proche, Rumes, permet d’imaginer un vaste ensemble qui ne demande qu’à être découvert.

Le Moyen Âge apporte la création de seigneuries, dont celle qui prend le nom de Mouchin par évolution progressive du nom initial. Deux grandes mottes étaient bien visibles jusqu’à une époque récente derrière l’église et le cimetière.
En 1252, la comtesse Marguerite de Flandre conteste les droits de cette seigneurie sur ses fiefs et elle est en litige avec l’évêque de Tournai, Gautier de Croix. Ce différent est confié à des arbitres qui semblent avoir donné raison à la comtesse. Une famille portant le nom du village existe et apparaît sur divers actes : Gérard de Muscin vers 1180, Alexandre en 1253, un Jean en 1342. La seigneurie est vendue en 1405 à la famille de Quartes. Puis, on trouve des Estrayelles jusque 1620. Puis des Le Sart. Le mariage de Marguerite le Sart avec Charles de la Chapelle fait passer dans cette maison le domaine qui revient ensuite aux le Sart, dont Louis est élu député aux Etats Généraux de 1789 comme seigneur de Mouchin. Pour en finir avec l’Ancien Régime, disons que Mouchin est composé de nombreux fiefs et d’une autre seigneurie, Bercus, ou Bercu, déjà cité en 1176. (voir annexe).

Le 24 août 1914 il y a eu des combats entre les troupes allemandes et le 21ème régiment d’infanterie français qui se sont déroulés entre Rumes, Mouchin, Nomain et Orchies.

L’église
Elle est dédiée à la Chaire de saint Pierre à Antioche (comme Tourmignies). Ce patronyme rare marque la primauté de Pierre sur les églises grecque et latine. On ne sait quand apparaît cette dédicace en nos régions. L’origine de la paroisse semble coïncider avec la création de la seigneurie, au Xe ou au XIe siècle et a pu appartenir à l’évêque de Tournai. La possession spirituelle, dite l’autel, est donnée à l’abbaye de St-Amand en 1133 par échange des terres de Mennesis et de Voyaux à l’abbaye d’Ourscamps. L’achat en 1227 de terres appartenant à Gautier de Luchnau donne toute la dîme à Saint-Amand et les dites terres sont transformées en alleu (terres de libre propriété). Au XVIIIe siècle, des contestations entre le village et l’abbaye font que la dîme restera aux mains du curé. (voir annexe).
La mairie
Elle est bâtie n 1845 et est aussi l’école. C’est l’architecte Charles Marteau, de Lille, qui donne les plans. La construction est achevée en février 1848. Ce bâtiment encore en usage mais défiguré s’est élevé sur l’emplacement de la clergerie, laquelle abritait le clerc paroissial qui enseignait la jeunesse avant la Révolution et rédigeait les actes paroissiaux.
En 1875 l’école est agrandie puis en 1889. L’architecte en est Achille Dellemme.
Il y a beaucoup de bâtiments intéressants sur le territoire de la commune, dont le château de Bercu (cf. annexe et voir ci-dessus). Il y a aussi la ferme dite de la Belle Porte, avec un logis rebâti en fin du XIXe siècle. Et l’ancienne Caserne des Douanes, n° 48 à 68 de la rue de Saint-Amand, marquée R.F. par ancrages. Elle date de la fin du XIXe siècle. Citons aussi le presbytère, remarquable logis des XVIIe et XVIIIe siècles, un calvaire sur un monticule, en fer forgé et fonte, du XIXe siècle et au-devant duquel se trouve un petit monument commémoratif des aviateurs morts en mission le 9 octobre 1942. La Ferme de la Folie a été entièrement rebâtie en fin du XXe siècle dans l’esprit classique. Il est intéressant de signaler de nombreux bâtiments ruraux, granges et autres dépendances de fermes, bâtis en colombages, comme au moyen-âge (structure en bois et briques entre les poteaux et contreventements).

Château seigneurial
Il se trouve face à l’église, se composant de trois bâtiments non reliés et qui semblent n’avoir jamais été achevés.
Le long de la route une longue aile basse se retourne en arrière pour former un U. Des pilastres à bossages ponctuent cette façade qui est, sur la face interne, enduite et décorée de grandes arcades en plein cintre. Un petit chemin latéral, à droite, mène vers un logis en L, également décoré de pilastres à bossages, avec une haute toiture aux coyaux évasés. Ce bâtiment semble inachevé et devait, probablement, faire face au bâtiment précédent. Puis, dans la rue du Moulin, à gauche de cet ensemble, se trouve les vestiges d’une entrée monumentale, aujourd’hui réduite et défigurée. Le tout est en brique et peut appartenir au XVIIIe siècle. On ne sait quand il a été bâti en cet endroit et quand il a quitté les mottes. Cependant, ni le visiteur des paroisses, ni Claude Masse ne font mention d’une reconstruction, ce qui permettrait de situer ce château après 1730.
Ces bâtiments ont été divisés, lotis et les façades vers la place sont devenues hétéroclites.

Les Albums de Croÿ (1603)
L’image déconcerte car la topographie n’est nullement respectée, comme si le dessinateur avait voulu regrouper des édifices qui ne peuvent être vus ensemble ! Le village lui-même se résume à quelques maisons couvertes de chaume, avec beaucoup d’arbres. A gauche il y a l’église avec la tour en bordure de la route, ce qui la place vers le sud-ouest. Elle est représentée bâtie en brique avec des cordons en pierre, coiffée d’une bâtière ardoisée qui est entre deux pignons à pas de moineaux. Sur le faîtage se dresse une grande croix fleuronnée. Sur le côté droit se trouve un petit bâtiment qui est peut-être le presbytère. En arrière se distingue un grand toit de tuile suivi d’un autre, plus bas et plus petit. Est-ce là l’église ?
Presque au centre de la gouache il y a un château composé de bâtiments disposés en quadrilatère, bâti en brique. De la cour intérieure émergent un logis et un donjon flanqué d’une tourelle terminée en poivrière. Ainsi placé, il pourrait être encore sur les mottes situées à l’est de l’église. Sur la droite, en arrière-plan, un autre château apparaît, énorme et impressionnant. Si on s’en tient à la stricte topographie, ce grand bâtiment n’existe pas. Et si c’est le château de Bercu, il devrait se trouver à gauche du village. Est-il transféré volontairement, pour être mis en valeur ? C’est possible et les pages des Albums offrent de nombreuses transpositions qui déconcertent ceux qui pensent trouver dans ces recueils l’aspect « photographique » de la région au début du XVIIe siècle ! Donc, l’église est mal orientée, le château seigneurial est-il bien vu ? Quant à Bercu, n’est-il pas exagérément montré énorme ?

Alexandre Monnet est né à Mouchin le 4 janvier 1812.
Il est ordonné prêtre en 1837 dans la Congrégation des Pères du Saint-Esprit. Il est envoyé dans l’Ile Bourbon, devenue ensuite La Réunion. Il y découvre la misère des esclaves employés dans les plantations par les riches colons. Il va s’employer à lutter contre ce régime et s’attirer l’inimitié des planteurs. Il est nommé curé de la commune de Saint-Paul et il y bâtit une église pour les esclaves, à la Rivière des Pluies.
Le gouvernement français reconnaît son action et Louis-Philippe lui attribue la Légion d’Honneur en 1845. L’opposition à son action se renforce et il est expulsé peu après, en 1847. Revenu en France, il devient supérieur de sa Congrégation en 1848, est soutenu par Victor Schoelcher qui réussit à faire abolir l’esclavage dans les colonies françaises, ce qui a été sa lutte politique depuis 1840.
Alexandre Monnet est nommé, par Pie IX, évêque de Pella et vicaire apostolique de Madagascar, alors qu’il n’a que 36 ans. Il meurt de fièvres à Mayotte le 19 novembre 1849 avant d’avoir pu rejoindre son poste. Son corps est ramené à la Réunion et inhumé dans la chapelle qu’il a fait construire.
Son village natal garde son souvenir et a donné son nom au Centre culturel inauguré en 2008.

 

Patrimoine et Actualité de Mouchin

 

la brasserie Bulteau à Mouchin

Ici un petit sujet sur la brasserie de Mouchin.
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La brasserie de Mouchin

L'église de Mouchin
12 mai 2014

Des détails sur l'église de Mouchin
 

MouchinEglise

Le château de Bercu
12 mai 2014

Un remarquable ensemble de bâtiments.
 

MouchinBercu

Bibliographie de Mouchin
12 mai 2014

Liste des ouvrages parus sur Mouchin.
 

BiblioMouchin