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Société Historique du Pays de Pévèle

3, rue Neuve - F59242 Templeuve

Tel : +333.20.34.98.52

Village du pays de Pévèle : Gruson


Gruson a une superficie de 3,13 km2 et son altitude varie entre 24 et 53 m.
Le village compte environ 1130 habitants et fait partie de la Métropole Européenne de Lille (MEL).

Gruson est situé sur le bord nord-est de la plaine de Cysoing, descendant vers la vallée de la Marque en plusieurs vallonnements qui donnent du caractère au site du lieu. Au point qu’il a été souvent question de le comparer à la petite Suisse du Nord, ce qui est assurément exagéré. Ce paysage verdoyant et boisé s’apparente plutôt à certains lieux de l’Avesnois.

Gruson a fait partie des domaines considérables possédés par Charlemagne dans cette région et Grecina (nom latinisé du lieu) est décrite lors des inspections des missi dominici ordonnées par l’empereur. Ont été relevés des installations agricoles ainsi que le cheptel. Il y a trois villas, possédant des écuries, des métairies, des jardins avec des arbres et une basse-cour. L’une a même une vigne. Ce domaine est transmis à la fille de Louis le Débonnaire, Gisèle (ou Gisle), en dot lorsqu’elle épouse Eberhard de Frioul. Puis celui-ci transmet ce domaine en 867 à son fils Adelard. C’est en définitive un autre de ses fils qui reçoit cette terre, Rodolphe. Lorsque l’empire carolingien s’effondre, toutes ces possessions qui s’étendent de Cysoing à Annappes sont divisées en seigneuries et fiefs divers. L’époque féodale et l’Ancien Régime conserveront pour Gruson deux seigneuries, dont l’une relève de Templeuve en Dossemer, près de Tournai, avec les grandes fermes du Coulombier, Landas, Thieulaine. L’autre partie relève de la Châtellenie de Lille. C’est en 1148 que l’abbaye de Cysoing se voit confirmée dans sa possession de l’église et des dîmes qui en dépendent par l’évêque de Tournai, Anselme. En 1252, Alard de Landas, qualifié comme étant seigneur de Gruson, lègue ses biens par testament au comte de Flandre qui les transmet à Guillaume de Mortagne.

L’église est sur l’un des points hauts du village et a pour vocable primitif, saint Gengoult, qui a plusieurs orthographes pour son nom, dont Gangolf d’Avallon, ou ici, saint Gangon. Né au début du VIIIe siècle, il a été assassiné par l’amant de son épouse le 11 mai 760. Il est devenu le recours des maris trompés ! Il est invoqué aussi pour les maux de jambes… On ne sait s’il a été importé en ce lieu au temps de la villa, ce qui est vraisemblable. Le vocable actuel, Notre-Dame de la Visitation, est récent.
On voit cet édifice sur l’une des gouaches des Albums de Croÿ. C’est alors un édifice modeste, composé de trois parties se succédant sur le même axe. Le pignon du chœur portait la date de 1520, encore visible en 1880. Durant les troubles religieux du XVIe siècle, l’église est saccagée et le curé, Jean Renart, assassiné.
Au XVIIIe siècle, l’abbaye de Cysoing fait rebâtir toute la partie antérieure au chœur et la dote d’une tour datée de 1780. Cette nef avait un plafond plat qui a été remplacé en 1844 par une voûte plâtrée. En 1877 est ajoutée sur le côté gauche une chapelle rectangulaire dédiée à saint Gangon. Trop petite, cette église est agrandie à la fin du XIXe siècle. Le 10 janvier 1880, l’architecte Paul Destombes présente un projet avec chœur carré, transept et couvrement intérieur formé d’une charpente assez savante qui n’eût pas l’heur de plaire ni à l’architecte diocésain, ni à la commune. Il refit ses plans en 1882, avec un chœur en hémicycle, et des voûtes bombées ornées de croisées d’ogives. L’extérieur est abondamment orné de décors de briques. Mais comme toutes les formes sont en plein cintre, cet édifice est qualifié de roman. Il est plutôt éclectique et typique de son époque. Le clocher a été incorporé à cet édifice qui porte au chevet la date incongrue de 1881.

Le château seigneurial était curieusement situé à cheval sur Gruson et Anstaing, près de Chéreng. Appelé Pontachaux, c’était une très belle résidence, entourée de jardins et de bois, dessinée sur le Cartulaire de Fives en 1733 (AdN H 71). Sur la Carte des Frontières de 1773, le plan d’ensemble est parfaitement relevé en bordure de la Marque. Durant le Camp de Cysoing de mai 1744, le roi Louis XV logeant à l’abbaye, c’est dans ce château qu’a résidé le futur vainqueur de Fontenoy, Maurice de Saxe.

Un autre château avait été édifié au XIXe siècle, vers Cysoing, par Monsieur Gentil, en lieu et place de la seigneurie de Landas. Il n’en reste que la ferme, dite du château, en partie du XVIIIe siècle, ainsi que le parc.

Gruson a aussi quelques très belles maisons, dont l’ancien presbytère élevé par l’abbaye de Cysoing pour le curé d’alors, Luc Regnault, décédé en 1718 après 33 ans de présence à la cure.

Des fermes imposantes sont également remarquables, dont celle du Coulombier, malheureusement privée de ce qui en donnait le nom, le pigeonnier daté de 1668, situé au milieu de la cour, qui existait encore en 1936. Le portail est écussonné et daté de 1760, une aile est datée 1764 et la grange de 1767. Devenue la propriété de la famille Despatures en 1825, elle a vu naître en 1873 Maurice Despatures qui sera prêtre des Missions Etrangères, puis évêque de Mysore (Inde).

Un calvaire en grès, situé dans un chemin creux menant à la ferme du château est une œuvre de qualité, pouvant dater du XVIe siècle, que l’on dit provenir de l’abbaye de Cysoing, mais sans preuve formelle.

 

Patrimoine et Actualité de Gruson

 

Bibliographie Gruson
14 février 2011

Liste des ouvrages parus sur Gruson.
 

Bibliographie Gruson