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Société Historique du Pays de Pévèle

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Village du pays de Pévèle : Vred


Vred est une commune située sur la rive gauche de la Scarpe, à une altitude moyenne de 17 m, sur une superficie de 3,42 km2. Elle compte 1368 habitants au recensement de 2009 (1407 en 2007).
Elle est située dans l’Ostrevent (jadis Ostrevant), voisine de Marchiennes et de Pecquencourt et fait partie de la Communauté de communes Cœur de l’Ostrevent.
Elle est nommée Villa Vereti en 1046, lors d’un acte passé par Baudouin de Lille à propos de l’abbaye de Marchiennes, toute proche.
Le seigneur de Vred dispose d’un droit de pêche exclusif dans la Scarpe sur un tronçon de rivière bien délimité.
L’abbaye d’Anchin est fondée sur une portion du territoire de Vred en 1079 et cette institution, qui sera rapidement très importante, reçoit en apanage le village par Anselme de Ribemont. L’évêque de Cambrai, Gérard II, fait le don de l’autel et des dépendances à l’abbaye en 1089. Cependant, la paroisse fait partie du diocèse d’Arras. Pendant longtemps, selon Bernard Delmaire, Pecquencourt a été, sur le plan paroissial, une dépendance de Vred, une succursale.
En 1712, un fort établi pour défendre le pont de Vred est emporté par les troupes françaises qui, après avoir gagné la bataille de Denain, assiègent la ville de Marchiennes.
Les travaux entrepris aux XVIIIe et XIXe siècles pour modifier le cours de la Scarpe changent les limites de la commune et le site de l’abbaye d’Anchin se trouve désormais à Pecquencourt. Le territoire est parsemé d’étangs et d’espaces de marécages qui caractérisent les abords de la Scarpe. Le pont unique sur la Scarpe était renommé jadis comme on le lira dans le commentaire de Claude Masse.

L’égliseétait autrefois un édifice très ancien, situé vers Pecquencourt, que rappelle la rue de la vieille église. Bernard Delmaire pense pouvoir la confondre avec uneecclesiola citée notamment en 1046 et qui aurait été l’abri de l’ermite Gordaine. Cette « petite église » sert de paroisse à un village voisin qui y enterre ses défunts. Il s’agirait donc de Vred. Cette église a pour patronyme celui très rare de Saint-Sarre. C’est un saint né à Lambres-lez-Douai au VIIe siècle. Après avoir été donnée à l’abbaye d’Anchin, l’abbé en nomme le curé, choisi parmi ses moines ou dans le clergé séculier, droit qu’il conserve jusqu’à la Révolution.
Jugée trop petite et trop excentrée, elle est reconstruite dans le centre du village en 1860. Elle est rebâtie sur les plans de l’architecte Léon Lejuste, dans le style néogothique alors à la mode.
C’est un édifice en brique, avec la tour en façade agrémentée de pierre. Une fine flèche couronne cette tour, flanquée de petits clochetons en pierre blanche. La construction, mal conçue ou mal fondée, a bougée avant sa finition. C’est l’architecte Aimé Dubrulle qui va terminer cet édifice en l’ancrant solidement par des tirants de fer. Une plaque à l’intérieur en évoque la mise en œuvre :
Cette église commencée le 15 avril 1860 par M. Lejuste, architecte, a été terminée le 31 décembre 1865 par M. Dubrulle Aimé, arch. Le sieur Bigot entrepreneur. M. Vanreust étant curé ; M. Lenoir, maire, M. Deregnaucourt, adjoint ; conseillers municipaux : Desor Joseph, Deneuvillers François, Lenglin Pierre, Thuilliez Hippolyte, Dubrulle Joseph, Dhinaux Emile, Dhinaux Jacques, Lesieur Jean-Baptiste, Sans Joseph, Bourguelle Etienne ; Moreau secrétaire, Legrand, garde ; et le concours des habitants.
Les architectes Lejuste et Dubrulle ont œuvré dans la région, notamment à Landas, Saméon, Orchies, etc. A l’intérieur, dans la chapelle Saint-Sarre, se trouve un monument en chêne et marbre noir qui rappelle le souvenir du curé bâtisseur, l’abbé Louis François Vanreust qui a été en poste ici de 1835 à 1893.

La chapelle Saint-Roch édifiée à l’extérieur rappelle une épidémie de choléra au début du XIXe siècle que le culte voué au saint devait éradiquer. Une autre chapelle, près de la Scarpe, a été édifiée par les mariniers et se rattache à un sauvetage jugé miraculeux : un enfant étant tombé d’un bateau et jugé noyé sous l’embarcation revient à la surface, sain et sauf. En reconnaissance cette chapelle est édifiée sous le vocable de Notre-Dame d’Assistance (XIXe siècle).

En 1725, l’ingénieur du roi, Claude Masse, en inspection dans la région note ceci à propos de Vred : Est un village situé sur la Scarpe et où il n’y a rien de remarquable que son pont tournant. L’on y compte 100 feux. Les moines d’Anchin en sont seigneur. Le nombre d’habitants peut être estimé à environ 500 personnes, ce qui est assez important.


Bibliographie
Frédéric VIENNE – QUAND L’INGENIEUR DU ROI, Claude MASSE, VISITE LA PEVELE - 1724 – 1727 - Publié dans Pays de Pévèle n° 34 - 1993
Bernard DELMAIRE – LE DIOCESE D’ARRAS DE 1093 AU MILIEU DU XIVe SIECLE – 1994