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Société Historique du Pays de Pévèle

3, rue Neuve - F59242 Templeuve

Tel : +333.20.34.98.52

Village du pays de Pévèle : Attiches


Attiches est une commune d'environ 2500 habitants, établie sur 6,68 km2 en bordure de la Forêt de Phalempin, entre 34 et 62 m d’altitude. Elle fait partie de la Communauté de Communes Pévèle Carembault.

L’origine du nom est inconnue, le mot latin auquel il est parfois rattaché, Attegiae, ne satisfait pas pleinement les historiens. Pourtant, signifiant cabane, hutte, il pourrait convenir à des habitants vivant en forêt…
C’est probablement la forêt qui est à l’origine de ce village placé aux franges de la Pévèle. C’est un domaine appartenant au châtelain de Lille dont la résidence est le château du Plouich à Phalempin. Ce châtelain y exerce toutes les formes de la justice, dites haute, moyenne et basse. Du moulin à vent il perçoit des rentes en argent, en blé, avoine, et autres produits. Sont perçus aussi deux deniers sur les héritages tenus de l’abbaye de Loos. Lorsque Louis XIV conquiert la Flandre, il est ipso facto héritier de ces châtelains de Lille. Pour soutenir les dépenses occasionnées par la guerre de la Succession d’Espagne, il vend la seigneurie d’Attiches qui est acquise par Philippe-Marie du Bois de Hoves, écuyer, seigneur d’Hérignies. Celui-ci la revend en 1723 à Charles-Philippe Hangouart, baron d’Avelin dont la famille conserve la terre jusqu’à la Révolution. On verra en annexe que les seigneuries et les fiefs sis à Attiches dépendent tous du château du Plouich.
Le chapitre de la Collégiale saint Piat de Seclin possède l’église et la cure. Il est important de noter que, pour la première mention de cette église en 1190, Attiches n’est qu’une dépendance de Seclin, que le patronyme de sainte Elisabeth de Hongrie n’est pas connu en nos régions avant le milieu du XIIIe siècle et que la paroisse n’existe que depuis le XIVe siècle… Tout ceci semble confirmer une occupation tardive de ces domaines où les bois de Phalempin tiennent tant de place.

L’église : Nous ne savons pas grand-chose sur l’église primitive ; elle est cependant dans un état de délabrement tel en 1783 qu’il est nécessaire de la rebâtir entièrement. Les travaux sont confiés à Jean-Baptiste Martin, Maître maçon à Seclin, et à Jean-Baptiste Bernard, Maître charpentier à Attiches et le devis est de 5800 florins, somme assez dérisoire pour l’époque. C’est l’église actuelle, simple, composée d’une nef et d’un chœur plus étroit qu’elle. Elle est bénite le 13 septembre 1785. Située au milieu du cimetière, en dehors du bourg lui-même, proche du château de la Cessoye, résidence du seigneur d’Attiches avant 1789 elle se présente de façon agreste. Bien que modifiée intérieurement en 1882, elle a gardé un beau mobilier de la fin du XVIIIe siècle. Dans le cimetière, il faut signaler la chapelle mortuaire de la famille Bernard-Lorain (1834-1876) ainsi que celle de la famille Maurice (1873-1890) deux lignées concernant le château. Et aussi, entre autres monuments, une curieuse croix en pierre de Soignies formée de deux troncs entrelacés.

Le château est visible sur la gouache des Albums de Croy, en 1603, forteresse avec un donjon au milieu des arbres.
Lors du siège de Lille en 1708, les troupes incendient ce château. Abandonné, il est reconstruit par Charles Lorain, juge au Tribunal civil de Lille (1763-1876). Sa petite fille épouse Léon Maurice, également magistrat, député et maire de la commune. Trouvant l’édifice sans intérêt, le couple le fait rebâtir en 1880 dans le style éclectique de l’époque, vaguement d’inspiration Renaissance, avec un décor surprenant et rare de céramiques sur la façade. Il est encore habité par les descendants des constructeurs.
Les communs paraissent plus anciens. Lors de la 1ère Guerre mondiale, il est occupé par celui qui sera surnommé le Baron rouge, Von Richthofen. En 1940 c’est l’Etat-Major de la 1ère Armée française qui s’y trouve et c’est en ces lieux que s’est faite la passation de pouvoirs entre les généraux Blanchard et Prioux. On lira en annexe le témoignage du célèbre Marc Bloch sur ce château.

La chapelle du Clerc est une autre curiosité. Ce petit oratoire est daté de 1689 et se signale par une phrase énigmatique :Sans plume, le clerc ne peut écrir. Des faits légendaires ont illustré cela avec une très romantique histoire d’amour entre la fille de la châtelaine du Plouich, Heleyne, et le secrétaire de la Dame du lieu, Gautier. Histoire qui finit mal.

En 1892, Ferdinand Ochin fonde une scierie qui fabrique les caisses destinées au transport de la chicorée et de l’amidon. En 1902, cela devient la fabrique de voitures d’enfants Butrulle et Masquelier. Changée en usine d’aviation par les soldats allemands durant la Grande-Guerre, elle est reprise par Pierre Masquelier en 1919 et devient une manufacture de voitures de luxe pour enfants. Elle cesse ses activités en 1986.

Une superbe grange, tout près de l’église, paraît être du XVIIe siècle. Il s'agit de la grange dîmière de la collégiale Saint-Piat de Seclin.
Le moulin a dressé ses ailes jusqu’en 1939, époque où il a été démonté et transféré à Valmy afin de rappeler la célèbre bataille de 1792. La tempête du 26 décembre 1999 l’a renversé et les pièces principales sont maintenant au siège de l’ARAM à Villeneuve d’Ascq. Attiches recouvrera-t-il son moulin ?

ANNEXES

Marc BLOCH – L’étrange défaite – 1940, publié en 1946, deux ans après que l’auteur ait été fusillé par la Gestapo.
Le château était, dans un très beau parc, une lourde bâtisse, ornée, sur la façade, d’affreuses céramiques et meublée dans le style cossu, sombre et vaguement moyenâgeux que la haute bourgeoisie, vers la fin du siècle dernier, considérait comme le cadre obligé d’une existence prétendument seigneuriale. Dans un coin de la salle-à-manger, où nous travaillions, le châtelain, par une attention que nous jugeâmes prématurée, avait entassé tout un monceau de couronnes mortuaires…

Le rapport du visiteur des paroisses à la fin du XVIIe siècle, publié par A. Pasture et F. Jacques en 1968 :
Le seigneur de ce lieu est le roy comme duc de Vendosme. Monsieur d’Hérignies est à présent seigneur de ce lieu par engagère depuis environ 1704. C’est aujourd’hui le comte d’Avelin. Le patron de la cure est le Chapitre de Saint-Piat à Seclin qui y lève aussy toutes les dismes. Le pasteur en reçoit une pension de 48 escus, auparavant 60 par Monsieur del Fortrie qui a quitté la cure en 1714, 20 rasières de bled et 12 (de) soucrion, mesure de Seclin et possède en outre 3 bonniers de terres.
Le nombre des communians va à 500 ou environ et la grandeur de la paroisse est d’environ 300 bonniers. L’église qui est propre et bien accommodée a pour patrone sainte Elisabeth, 19 novembre. Sa dédicace est le 4ème dimanche d’aoust.
Le château et seigneurie d’Hérignies, au voisinage de Tourmignies, est cependant de ce village qui s’étend fort de ce côté-là. Il apertient au seigneur de même nom de la maison de Hove. Le château et ferme de l’Assessoy (La Cessoye) avec 36 bonnier de terre apertient aux hoirs de monsieur le comte de Berlaimont. Il a été brûlé en 1708 et le donjon est tout en ruine avec la tour.
Une ferme considérable de 30 à 40 bonniers, où se renferme toute la disme apertenant à un seigneur d’Artois. La Pecquerie, avec 34 bonniers de terre à monsieur de Saint-Marc par sa femme. Le Petit Attiches est un hameau considérable tirant vers Tourmignies. Drumez, aussi hameau, s’étend entre Neuville et Tourmignies.

Nota : Le comte d’Avelin est seigneur engagiste d’une partie de Seclin et d’Attiches. Monsieur de Fromiè du Plouy-en-Seclin près les bois.
Le bonnier, mesure agraire, valait environ 1ha43.

Le rapport fait par Claude Masse, ingénieur géographe, en 1727, publié par Frédéric VIENNE, Pays de Pévèle n° 34 :
Situé sur une plaine haute, l’on y compte environ 100 feux. Ce village étoit autrefois du domaine du Roy et appartient aujourd’hui à M. le Comte d’Avelin qui l’a acheté. Il y a dans ce village un château dont le donjon, qui étoit percé de créneaux et entouré de fossés pleins d’eau, a esté bruslé.
Nota : On comptait environ 4 à 5 personnes par feu ou foyer.

Les seigneuries et fiefs d’Attiches, d’après la Statistique féodale de Théodore Leuridan (1905) :
Les nombreux fiefs situés à Attiches à la suite des partages féodaux sont tous tenus du châtelain de Lille et de son château du Plouich. La Pairie d’Attiches consiste en un manoir sur motte et 23 bonniers de terres, avec une grange où le chapitre de Seclin est tenu de déposer le fruit de la dîme qu’il perçoit en ce lieu. Hérignies, qui est une seigneurie proche de Tourmignies, a un manoir seigneurial sur motte entourée d’eau, près de Drumez, avec 40 bonniers de terre à labours, pâturages et bois. Le seigneur possède un privilège curieux : il 2peut avoir dans le bois du châtelain 3 chiens courants, 3 lévriers couchants, mais ne peut tendre ni pièges ni d’autres engins ! Les autres fiefs sont encore : La Cessoye avec un château, 4 bonniers de jardin, des près, bois et eaux ainsi que des terres à labours. Le Fresnel, Leffondre, La Haye, La Pescherie, Les Roblets. Il y a aussi La Cocquelerie située entre les fossés du Plouich, puis Lannoy faisant 7 bonniers entre Wattiesart et le château du Plouich, les Masures, Warles qui est une motte entourée de grands fossés et 3 bonniers tenant à la Marque, et enfin Drumez qui est près des bois du Plouich. La plupart de ces noms existent encore.

 

Site de la commune : www.mairie-attiches.com


Patrimoine et Actualité de Attiches

 

Bibliographie Attiches
29 août 2012

Liste des ouvrages parus sur Attiches
 

Biblio Attiches